Splendide disque dédié à IZIA et inspiré par elle, « Ma tendre merveille qui a vu le jour dans la nuit du vingt quatre, neuf, quatre vingt dix ».
Peut-être ce qui m'at- -tire en toi tire en toi n'est rien que l'autre ver- -sant de moi sang de moi Où m'attendait la jouvencelle cachée derrière les portes les portes du ciel Rien de tout ce qui m'ins- -spire en toi pire en toi n'est plus doux que le grain de ta peau de ta voix dont la magie providentielle m'ensorcelle et m'escorte jusqu'aux portes du ciel D'où, d'où, d'où viens-tu O ma tendre merveille mon amour absolu bercé par le flot des sortilèges et des rêves étoilés sous le grand manège enchanté Peut-etre ce qui me re- -lie à toi lie à toi n'est autre que ce cor- -don de soie don de soi que tu m'enroules autour du coeur pour l'empêcher de courir se faire prendre ailleurs Et si tout ce que j'a- -dore en toi dort en moi Je veux que tu le ré- -veilles en moi veilles en toi pour que de la terre au soleil des pluies de nos caresses naisse un bel arc-en-ciel D'où, d'où, d'où viens-tu O ma tendre merveille mon amour absolu bercé par les sortilèges et les rêves étoilés sous le grand manège enchanté Peut-être ce qui m'at- -tire en toi tire en toi n'est autre que le sou- -rire en moi rire en toi du petit esprit malicieux qui lance des étincelles dans le ciel de tes yeux
Je me souviens d'un plateau désert de haute montagne Où la froide majesté des pierres me rendait heureux vers les sommets drapés de lumière s'envolait mon âme et j'écoutais battre dans mes veines le rythme éternel des battements de mon coeur sous le toit du ciel dans les bras de l'innocente divinité de l'euphorie emportée par les rafales du vent sous les ailes géantes d'un oiseau l'aéroplane de la liberté d'où je m'élançcais du plus haut des cieux dans les courants limpides de l'immensité où les plongeurs dérivent ivres de beauté sous leurs blanches corolles ensoleillées Là où la parole reste sans écho où les mots s'envolent sur les ailes du silence De ma vie, jamais je n'oublierai Vos sourires fraternels compagnons initiateurs d'envol quand j'ai replié mes ailes en touchant le sol
O combien j'aimerais l'après-midi si toute la bande de ouistitis qui s'agitent dans tous les sens pour justifier du pedigree de leur incompétence cessaient leurs allées et venues leurs corps-à-cris, leurs cohues pour laisser mon âme indolente dériver en ses grands palais où d'affriolantes courtisanes prêtes à subir tous les outrages et les excès de mes fantasmes puissent enfin me livrer en paix la quintessence de leurs orgasmes Il n'y a que l'interdit qui m'excite qui pique mon imagination Je ne bande plus que pour l'illicite l'au-delà de la fascination Ta douceur captive alimente la dérive de mon esprit comme tes poignets tendus que mes doigts crucifient ton corps dressé contre le mur écartelé à l'infini s'offre et résiste à la torture de mes caresses, de mes cris le vice amant de la vertu esclave et maître du plaisir livre à mon capricieux désir la ferveur de ta chair la prière éperdue de tes membres offerts aux plus tendres supplices dont mon ardeur complice honore ta soumission Il n'y a que l'interdit qui m'excite qui pique mon imagination Je ne bande plus que pour l'illicite l'au-delà de la fascination Des lourds joyaux de tes prunelles pareils à de charbons ardents jaillit un faisceau d'étincelles qui met le feu à mon tourment Bas et chaussures, dessous, parures et ornements sur le tapis d'extrême-orient tombent, pêle mêle le vice amant de la vertu esclave et maître du plaisir livre à mon capricieux désir la ferveur de ta chair la prière éperdue de tes membres offerts aux plus tendres supplices dont mon ardeur complice honore ta soumission Volcans de soie, torrents de miel velours froissé, châle émouvant où je m'enlise, où je m'emmêle éperdument me raccrochant à ses bras nus les yeux au ciel, le feu au cul Maman ! Il n'y a que l'interdit qui m'excite qui pique mon imagination Je ne bande plus que pour l'illicite l'au-delà de la fascination
Jacques Higelin, Illicite, Disque EMI